Le président du Conseil économique et social (Ces), Conrad Gbaguidi, poursuit sa tournée nationale avec une étape importante ce lundi 7 avril 2025 ; celle d’Allada, marquée par l’installation de la coordination départementale du CES dans le département de l’Atlantique. À la tête d’une forte délégation, il a présidé une rencontre causerie avec les directeurs départementaux sectoriels et des représentants des couches socioprofessionnelles du département. Comme ailleurs, la coordination de l’Atlantique est composée de neuf membres, conformément à la nouvelle loi organique 2024-26 du 17 juillet 2024, qui permet au Conseil économique et social d'être la seule institution qui existe dans l'ensemble des 12 départements de notre pays. Elle est placée sous la responsabilité de Cyprien Togni. La séance, marquée par l’implication des acteurs locaux, a permis d’aborder plusieurs thématiques majeures liées au développement du territoire.
Dans son mot de bienvenue, le préfet de l’Atlantique, Jean-Claude Codjia, a salué le leadership du président du CES ainsi que l’expertise des membres de son équipe. Il a exprimé sa confiance dans la capacité de l’institution à jouer pleinement son rôle, notamment grâce aux réformes engagées qui lui permettent désormais de mieux appréhender les préoccupations des populations.
Prenant la parole, le président Conrad Gbaguidi a rappelé que cette tournée vise à rapprocher le CES des réalités de terrain. Il a souligné l’importance pour l’institution de recueillir les doléances des populations afin de les faire remonter aux autorités compétentes. Grâce à sa nouvelle organisation, le CES est désormais plus proche des citoyens et mieux outillé pour contribuer à la recherche de solutions concrètes aux problèmes locaux. Au cours de la séance, sept grands sujets ont été évoqués. Il a été question en premier lieu de la faible implication des élus locaux, perçue comme un frein majeur au développement. La situation préoccupante des Coopératives d’Aménagement Rural (CAR) a également été abordée, particulièrement dans un département où elles sont nombreuses mais rencontrent des dysfonctionnements. Les problèmes fonciers ont retenu l’attention, tant par leur complexité que par leur persistance, en dépit des politiques publiques existantes. Les violences basées sur le genre ont été identifiées comme un enjeu social urgent, touchant principalement les femmes, mais aussi certains hommes. Les conflits récurrents entre agriculteurs et éleveurs, liés à la transhumance, continuent de générer des tensions dans les zones rurales. À cela s’ajoutent les conflits d’ordre politique autour des questions foncières, illustrant la perméabilité entre enjeux politiques et accès à la terre. Enfin, la question du dédommagement des personnes affectées par les projets (PAP) a été soulevée, les participants pointant les lenteurs administratives malgré la disponibilité des fonds.
Le coordonnateur départemental, Cyprien Togni, a exprimé sa satisfaction face à la nouvelle orientation du CES, désormais investi d’une mission renforcée. Il a salué le professionnalisme de Conrad Gbaguidi, qu’il connaît personnellement, et qui a su mobiliser les énergies autour de cette initiative. Il a également insisté sur le déficit d’information dont souffrent encore de nombreux citoyens. La mise en place des démembrements du CES constitue, selon lui, une avancée importante pour combler ce fossé et renforcer le lien entre les institutions et les populations. Cette rencontre à Allada marque ainsi une étape décisive dans le processus de déploiement du CES à l’échelle départementale. Elle jette les bases d’une coopération renouvelée entre l’institution et les autorités locales, dans une dynamique de participation accrue au développement économique et social du territoire.









