Le président du Conseil économique et social (CES), Conrad Gbaguidi, a tenu ce mardi 8 avril 2025, au siège de l’institution à Cotonou, une séance de travail consacrée au développement du projet de toilettes agroécologiques dans le département des Collines. Avec la participation de la délégation du Rotary Club Paris Avenir, principal bailleur de fonds, du préfet Saliou Odoubou, des maires et des secrétaires exécutifs des communes du département, la rencontre a permis de faire le point sur les avancées du programme et d’envisager une extension à l’échelle nationale.
Dans son mot d’ouverture, Conrad Gbaguidi a rappelé les efforts déjà engagés dans la commune de Savalou, grâce à l’implication active de l’ADCS (Association pour le Développement de la Commune de Savalou), dont il est le président, et du Rotary Club Paris Avenir. « Nous avons réussi à mettre en place des projets dans tous les arrondissements de Savalou et amorcé une implantation dans quatre des cinq autres communes des Collines », a-t-il souligné. Saluant la présence des autorités communales et départementales, il a insisté sur la nécessité d’une concertation pour identifier les difficultés éventuelles, renforcer l’efficacité des actions menées et faciliter l’intervention des partenaires dans la suite du processus.
Le préfet des Collines, Saliou Odoubou, a salué le caractère novateur de ces infrastructures. Revenant sur les débuts du projet à Savalou sous l’impulsion de l’ADCS, il a mis en lumière leur utilité, tant pour l’assainissement que pour l’agriculture durable. Il a également insisté sur l’intérêt de leur implantation dans les écoles, dans une logique d’éducation sanitaire et de soutien aux jardins scolaires. Houindo Dèlidji, Le maire de Savalou, prenant la parole au nom de ses pairs, a témoigné de l’expérience pionnière de sa commune. « Le projet a démarré il y a trois ans avec l’appui financier de l’ADCS et du Rotary Club Paris Avenir. Ce sont des toilettes d’un type particulier, qui ne mélangent pas les matières fécales à l’eau. Cela permet leur valorisation comme engrais biologique, contrairement aux latrines classiques qui génèrent souvent de la pollution », a-t-il expliqué. Il a également souligné que l’entretien reste un point critique : « Ce que nous avons appris, c’est qu’une toilette, même en bon état, devient inutilisable si elle n’est pas bien entretenue. » À ce jour, dix des quatorze arrondissements de Savalou sont déjà couverts par le projet.
La porte-parole de la délégation du Rotary Club Paris Avenir, Brigitte Courson, a pour sa part, insisté sur la dimension humaine et éducative de cette initiative. « Ce projet, en réalité, va bien au-delà du béton. C’est une discussion permanente avec les autorités locales, les populations, et surtout une action en profondeur sur la question de l’hygiène », a-t-elle déclaré. Très investie dans les écoles, elle organise des séances de sensibilisation auprès des élèves sur l’usage des toilettes et les bonnes pratiques sanitaires, à travers des jeux et des chansons.
Elle a également évoqué des projets en direction des femmes, notamment la mise en place de coopératives pour la fabrication de savon, ainsi que des initiatives d’alphabétisation. Revenant sur l’évolution de l’usage des toilettes, elle a salué la décision de les rendre gratuites : « Depuis que les toilettes sont en libre accès, leur fréquentation a nettement augmenté. Les populations comprennent peu à peu leur utilité, tant pour la santé que pour la dignité. »






