La décision prise par la première autorité du département de l’Atacora de faire du jeudi une journée dédiée au port de tenues traditionnelles dans les administrations sous sa tutelle n’est pas anodine. Signée le 14 avril 2025 par madame le préfet Lydie Déré Chabi Nah, cette mesure vise à promouvoir le patrimoine vestimentaire béninois et à soutenir les artisans locaux. Une décision qui témoigne du pragmatisme de madame le préfet et de tout son sens de l’ouverture. Mais au-delà du département de l’Atacora, cette dynamique trouve ses racines dans un plaidoyer porté avec constance par le président du Conseil Economique et Social (CES). Dès ses audiences de prise de contact avec ses pairs présidents d’institutions et également au cours de sa tournée nationale de lancement des conseils départementaux, Conrad Gbaguidi en a fait un cheval de bataille. Il n’a de cesse de rappeler que la culture ne doit pas être perçue comme un simple ornement, mais comme une ressource stratégique pour le développement du Bénin.
Cette vision rejoint celle du chef de l’État, Patrice Talon, dont l’engagement en faveur de la revalorisation de l’identité culturelle béninoise s’est matérialisé par plusieurs réformes et actions majeures. De la restitution des trésors royaux au soutien croissant aux initiatives locales, le président de la République a toujours accordé une place centrale à la culture dans son projet de société.
S’inscrivant dans cette noble vision, le président du CES, à Natitingou, a longuement abordé le sujet de la promotion de nos identités culturelles. Il a d’ailleurs été soutenu par plusieurs interventions qui ont souligné l’urgence de revaloriser les savoir-faire traditionnels. Le conseiller national du CES, Stanislas Degbo, issu des arts et de la culture, par exemple, a notamment plaidé pour une meilleure intégration des créateurs et artisans dans les politiques publiques. Pour Conrad Gbaguidi, à l’occasion bien drapé dans son costume traditionnel wassangari, la charité bien ordonnée commence par soi-même : « Nous ne pouvons pas défendre notre culture sans la vivre. » Dans la même logique, il a partagé une rencontre marquante qu’il a eue avec une artisane fabricante de pagnes tissés : « Elle fait les pagnes tissés. Mais elle ne les fait que quelques semaines dans l’année, parce que la demande est faible. J’ai dit à cette dame : une industrie fonctionne 24h sur 24 et 365 jours l’année. Et donc nous allons faire en sorte que ça puisse tourner de cette manière-là. Nous allons travailler à l’ouverture des marchés. Une fois qu’on aura trouvé les marchés, ce sera facile après de drainer la production. »
Ce message, Conrad Gbaguidi l’avait également porté lors de son audience auprès de Madame Mariam Chabi Talata, vice-présidente et grande chancelière de la République du Bénin, qu’il avait saluée comme l’une des « ambassadrices naturelles » du patrimoine culturel béninois. Le président du Conseil économique et social a insisté sur la nécessité de structurer des chaînes de valeur autour des industries culturelles, d’accompagner les producteurs locaux et de faire rayonner le Bénin à l’international : « Identifier des ambassadeurs qui incarnent la valeur du travail de nos acteurs producteurs, c’est essentiel pour que le Bénin soit reconnu comme une pépite parmi les nations, un grand pays, un beau pays. »
Loin d’être une décision isolée, la mesure préfectorale dans l’Atacora apparaît clairement aujourd’hui comme une illustration concrète de cette vision portée par Conrad Gbaguidi. Elle s’inscrit également dans le prolongement des orientations stratégiques du chef de l’État, pour qui la culture est un levier de transformation sociale, de rayonnement international et de développement économique durable. Elle démontre que lorsque les autorités départementales s’alignent sur une vision nationale cohérente et ambitieuse, les résultats peuvent être tangibles.
Cette décision devrait inspirer d’autres départements. Pourquoi ne pas l’étendre à l’échelle nationale, à l’instar de certains pays de la sous-région comme le Nigeria ou le Ghana, où la fierté culturelle s’affiche au quotidien dans les espaces institutionnels ? Une généralisation de cette mesure permettrait non seulement de renforcer l’unité nationale autour des symboles identitaires, mais aussi de créer une véritable chaîne de valeur autour du textile local. Elle stimulerait la production artisanale, favoriserait la création d’emplois durables, notamment chez les jeunes et les femmes, et contribuerait à la formalisation de nombreux acteurs économiques du secteur. Sur le plan touristique et diplomatique, elle renforcerait l’image du Bénin comme un pays fier de son identité, enraciné dans sa culture et tourné vers l’avenir.
À travers ses démembrements et riche de sa configuration, le CES joue un rôle de catalyseur, en lien étroit avec les territoires et en parfaite cohérence avec les ambitions du chef de l’État.
Enfin, cette initiative mérite d’être saluée à sa juste valeur. Elle témoigne de la capacité de madame le Préfet de l’Atacora à saisir les enjeux contemporains du développement territorial et à inscrire son action dans la dynamique impulsée par le chef de l’Etat, Patrice Talon.




