Sous l’égide du président du Conseil Economique et Social (CES), Conrad Gbaguidi, un important atelier d’appropriation des lois n° 2021-11 et n° 2021-12 s’est tenu ce mercredi à l’hôtel Azalaï de Cotonou. A l’invitation du président du CES, les conseillers de l’institution ont été réunis pour une journée de formation et de mobilisation autour de deux textes législatifs majeurs relatifs aux Violences Basées sur le Genre (VBG) et à la Santé Sexuelle et Reproductive (SSR).

L’événement a connu la participation active de Madame Véronique Tognifodé, ministre des Affaires sociales et de la microfinance, de Monsieur Benjamin Hounkpatin, ministre de la Santé, ainsi que des représentants de l’Association Béninoise pour la Promotion de la Famille (ABPF) et du Royaume des Pays-Bas, partenaires techniques et financiers de l’initiative.

Depuis la réforme de juillet 2024, le Conseil économique et social a vu ses missions élargies. Le législateur béninois lui confie désormais la responsabilité d’imprégner les citoyens des textes de la République, en renforçant l’accès à l’information sur les décisions publiques. Pour Conrad Gbaguidi, cette orientation « fait du CES un outil de gouvernance sociale, au service des droits fondamentaux et du bien-être des populations ». Dans son discours d’ouverture, le président du CES a rappelé que cette session s’inscrit dans la continuité des tournées d’imprégnation organisées par l’institution, notamment celle consacrée à la loi sur la chefferie traditionnelle. Il a salué l’engagement des conseillers, qu’il a appelés à se mobiliser de nouveau pour porter la parole de l’État au plus près des communautés, sur deux lois encore mal connues mais fondamentales pour la dignité humaine et la justice sociale.

L’atelier a été structuré autour de deux communications techniques, permettant aux conseillers de s’approprier le contenu, les enjeux et les perspectives des deux lois. La loi n° 2021-11 sur les infractions commises à raison du genre, présentée par Madame Rafiatou Alassane, Conseillère Technique Juridique au ministère des Affaires sociales, a permis de revisiter les dispositions spécifiques de répression des violences faites aux femmes, qu’elles soient physiques, sexuelles, psychologiques ou économiques. La communication a mis en lumière les lacunes persistantes dans la connaissance et l’application de la loi, malgré les avancées juridiques significatives depuis 2016.

La loi n° 2021-12, modifiant celle de 2003 sur la santé sexuelle et reproductive, a été présentée par Monsieur Jean-Pierre Wangbé, Conseiller Technique Juridique au ministère de la Santé. Il a expliqué les nouveaux cas d’autorisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG), tout en précisant que cette pratique reste encadrée, exceptionnelle et strictement médicale, en réponse à la persistance des avortements clandestins, responsables d’environ 20 % des décès maternels selon les données officielles.

Dans son allocution, la ministre des Affaires sociales et de la Microfinance, Véronique Tognifodé, a salué le leadership dynamique du président du CES et rappelé que le ministère qu’elle dirige est prêt à soutenir l’institution dans toutes ses démarches d’appropriation et de sensibilisation. Elle a souligné que « le CES peut jouer un rôle déterminant dans l’intégration de l’égalité de genre dans les politiques publiques », tout en appelant les participants à faire de l’atelier un temps de mobilisation pour un développement durable et inclusif.

Prenant la parole à son tour, le Ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin a livré un discours empreint de vérité, d’humanité et d’expérience de terrain. Gynécologue de formation, il a décrit avec émotion les conséquences tragiques des avortements clandestins sur la santé des jeunes filles : mutilations, infections, stérilité, voire décès. Il a soutenu que « l’avortement ne doit jamais être une méthode de planification familiale, mais un dernier recours dans des situations sans issue ». La nouvelle loi, selon lui, a été pensée pour encadrer la réalité plutôt que la nier, et pour offrir un accompagnement digne et sécurisé aux femmes qui y ont recours.

Le président du CES, quant à lui, a rappelé que les violences basées sur le genre sont une entrave majeure au progrès social, et que leur éradication passe par l’appropriation des lois existantes par toutes les couches de la société. Il a insisté sur la dimension pédagogique et civique du rôle confié au CES, et souligné que cette campagne est l’occasion de réaffirmer l’engagement républicain pour un Bénin plus juste et plus sain.

« Nous sommes une institution au service de l’humain. Cette campagne est une mission d’État que nous assumons avec fierté et responsabilité », a-t-il déclaré avant de prononcer l’ouverture solennelle de l’atelier.

À l’issue de l’atelier, le Conseil économique et social prévoit d’organiser des rencontres dans les 12 départements du pays, à la fois dans les milieux urbains et ruraux, pour expliquer les lois, répondre aux préoccupations, déconstruire les tabous et faire progresser la connaissance des droits fondamentaux.

Le CES s’appuiera sur l’expérience de ses conseillers, les appuis institutionnels des ministères et l’engagement des partenaires pour réduire les inégalités, protéger les femmes et les filles et renforcer la cohésion sociale à travers une meilleure compréhension des textes juridiques par tous les citoyens.

 

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