Le Conseil Economique et Social (CES) a tenu, ce mardi 5 août 2025, une séance plénière exceptionnelle sur le thème : « La cherté de la vie au Bénin : quelles approches pour la stabilité des prix et pour la relance des activités économiques ? » Une rencontre d’échanges marquée par la participation de représentant d’associations de consommateurs et d’experts économiques, afin d’analyser les causes profondes de la hausse des prix et d’explorer des pistes d’action concrètes.

 Une autosaisine née d’un cri social

En ouvrant les travaux, le président du CES, Conrad Gbaguidi, a rappelé que cette séance s’inscrit dans le cadre d’une autosaisine de l’institution, motivée par les préoccupations pressantes des populations exprimées lors des consultations citoyennes. « Ce moment d’échange est crucial. Il contribuera, j’en suis convaincu, à poser un diagnostic partagé et à orienter des propositions concrètes en réponse à une attente sociale forte », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de croiser les données officielles et le vécu quotidien des citoyens

Un état des lieux chiffré : inflation maîtrisée, mais pressions réelles

Laurent Hounsa, Directeur Général de l’Institut National de la Statistique et de la Démographie (INStaD), a livré une analyse détaillée des taux d’inflation au Bénin, des produits les plus touchés, et des facteurs de hausse des prix, qu’ils soient conjoncturels (guerre en Ukraine, COVID-19) ou structurels (dépendance aux importations). « L’inflation est une réalité économique, mais elle est globalement maîtrisée au Bénin, comparée aux pays voisins », a-t-il souligné. Il a toutefois reconnu l’importance d’en limiter les effets sur le pouvoir d’achat et a appelé les membres du CES à tenir compte de la nuance entre perception sociale et données statistiques.

Pour Robin Accrombessi, représentant d’une association de consommateurs, la perception citoyenne ne trompe pas : les prix montent, le panier de la ménagère se rétrécit. Il a également mis en avant des initiatives citoyennes, comme le Conseil solidarité, qui a permis de redistribuer du maïs à prix subventionné dans certaines zones.

Vers un diagnostic partagé et des solutions durables

Djoiri Imali Hermann Djetta, conseiller au CES et président de Commission, a insisté sur la responsabilité partagée et la décidivité des acteurs. « Il est impératif d’identifier les ressorts économiques, sociaux et institutionnels qui sous-tendent cette perception de la cherté de la vie, pour construire des réponses structurelles. » Il a salué la richesse du croisement des regards entre statisticiens, consommateurs et économistes, et appelé à ce que ces travaux aboutissent à des propositions concrètes à soumettre au gouvernement.

Cette séance plénière constitue une étape clé dans la réflexion du CES sur les conditions de vie des Béninois. Les prochaines étapes incluront l’élaboration d’un rapport de recommandations à destination des autorités nationales, en vue d’éclairer les politiques publiques.

Dans un contexte économique global instable, le CES entend jouer pleinement son rôle consultatif en mettant la rigueur de ses analyses au service de solutions durables au bénéfice des citoyens.

 

 

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