Le Bénin a accompagné, les 19 et 20 septembre 2025, le dernier voyage d’Emmanuel Golou, ancien ministre, ancien président du Parti Social-Démocrate, vice-président du Conseil Economique et Social (CES) et figure politique majeure. Son départ a été marqué par un cérémonial d’hommages en plusieurs étapes, comme autant d’escales d’une traversée.

Vendredi 19 septembre : l’union des institutions et les condoléances

La journée du vendredi a résonné dans les murs du Conseil économique et social, où s’est ouvert le livre de condoléances. Les présidents d’institutions se sont réunis pour témoigner leur soutien et inscrire leurs souvenirs de l’illustre disparu. À la tête de la délégation, le Président de l’Assemblée nationale a pris la parole au nom de tous : « Nous sommes venus pour accompagner notre collègue, le président Conrad Gbaguidi, dans cette douleur. Nous voulons l’entourer de notre affection et de notre proximité, afin qu’il trouve la force de traverser ces temps difficiles », a-t-il déclaré. Il a évoqué ensuite, avec émotion, les souvenirs partagés avec Emmanuel Golou, saluant sa constance dans l’engagement public et son dévouement au bien-être des populations.

Dans la soirée, à l’arrivée de la dépouille au domicile de défunt à Cadjehoun à Cotonou, le président du CES, Conrad Gbaguidi, entouré d’une forte délégation du CES, s’est recueilli et a déposé une gerbe de fleurs, geste symbolique traduisant l’unité et la fidélité institutionnelle. Cette étape a également été marquée par la présence de l’ancien président Boni Yayi et d’une délégation de Laurent Gbagbo, venus présenter leurs condoléances à la famille, témoignant de la portée nationale et internationale de l’homme politique.

Samedi 20 septembre : l’adieu solennel à Azovè

À l’aube, le Président de la République, Patrice Talon, a accompli un geste intime et respectueux : un recueillement au domicile du défunt avant que la dépouille ne soit transférée à Azovè, dans la commune d’Aplahoué.

Sur cette terre natale, la messe de requiem a été célébrée par Mgr Coffi Roger Anoumou, évêque du diocèse de Lokossa. L’église, pleine à craquer, accueillait présidents d’institutions, membres du gouvernement, députés, préfets, maires, grandes figures politiques et délégations étrangères, reflétant la forte mobilisation pour ce dernier hommage.

Le président du CES, Conrad Gbaguidi, a salué la mémoire d’Emmanuel Golou, rappelant la surprise de sa disparition et l’importance de son engagement pour la cohésion sociale, la démocratie à la base et le service des populations. « Il marquait chacun de nos débats, enrichissait nos réflexions et inspirait nos décisions », a-t-il affirmé.

Une distinction à titre posthume et l’ultime escale

Moment fort de la cérémonie : la décoration d’Emmanuel Golou à la dignité de Grand-Croix des Ordres Nationaux du Bénin, la plus haute distinction honorifique du pays, récompensant une vie entière consacrée au service de la nation. Après l’eucharistie, la dépouille a été conduite à Lanta pour l’inhumation dans l’intimité familiale, loin des caméras, mais au cœur des prières et des souvenirs.

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