Le Président du Conseil Économique et Social (CES), Conrad Gbaguidi a reçu en audience la Présidente de l’Institut National de la Femme (INF), Huguette Bokpè Gnacadja, au terme d’un échange jugé particulièrement stratégique pour l’avenir de la lutte contre les discriminations et les violences faites aux femmes et aux filles au Bénin. Cette rencontre, loin d’être anodine, révèle une convergence profonde entre les missions des deux institutions et une vision partagée d’un combat qui doit désormais devenir national.

À l’issue de l’audience, Huguette Bokpè Gnacadja a rappelé que cette rencontre s’inscrivait dans une dynamique de complémentarité entre les deux organes. Le CES, dont la vocation est de conseiller le gouvernement et plus largement les institutions de la République, représente également les forces vives du pays dans le dialogue social. Une dimension essentielle, puisque la lutte contre les violences faites aux femmes dépasse le cadre strict des droits humains pour toucher à la justice sociale, nécessitant un dialogue permanent avec la société.

Un fait marquant de cette audience est que les deux responsables revenaient de missions départementales distinctes, mais étonnamment convergentes. Le Président du CES venait d’informer les populations sur plusieurs lois clés, dont celle de 2021 relative à la prévention et à la répression des infractions commises sur la base du sexe. Dans le même temps, Huguette Bokpè Gnacadja, en sa qualité de Présidente de l’INF, menait une mission auprès des leaders religieux et des têtes couronnées imams, prêtres, pasteurs, dignitaires traditionnels dans le but de nouer des alliances solides contre les discriminations et violences fondées sur le genre.

Les constats recueillis sur le terrain se sont avérés similaires : nécessité d’expliquer et d’interpréter la loi, besoin de sensibilisation profonde, et volonté d’ancrer les droits des femmes dans les valeurs socioculturelles et religieuses des communautés. Cette convergence témoigne du caractère véritablement national du combat contre les violences faites aux femmes et aux filles. Tandis que le CES éclaire et explique la loi, l’INF sensibilise et agit comme bras opérationnel de sa mise en œuvre.

Les discussions ont également permis d’explorer des passerelles possibles entre les deux institutions. Les responsables ont insisté sur l’importance d’intégrer les valeurs traditionnelles, les préceptes endogènes et l’interprétation des textes sacrés de la Bible et du Coran notamment dans les actions de terrain et dans la compréhension des lois. Huguette Bokpè Gnacadja a souligné que beaucoup des résistances rencontrées proviennent précisément de ces interprétations, d’où la nécessité d’un dialogue constant avec les leaders religieux et coutumiers.

La question de la contribution législative a également été évoquée, certaines préoccupations communes pouvant à terme déboucher sur des réformes. Les deux institutions ambitionnent de contribuer ensemble à l’évolution du cadre légal, mais aussi de bâtir un espace national de concertation réunissant société civile, leaders religieux, autorités traditionnelles, institutions et ministères sectoriels autour d’un même objectif : éradiquer les violences faites aux femmes et aux filles.

Pour concrétiser cette vision, les deux responsables ont convenu que les équipes techniques du CES et de l’INF se réuniront prochainement pour approfondir les réflexions et définir les axes concrets de leur collaboration.

 

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