Réunis en séance plénière le jeudi 4 décembre 2025, les membres du Conseil Économique et Social ont reçu le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Alassane Seïdou. Invité par le président du CES, Conrad Gbaguidi, dans le cadre des travaux de la 6ème session extraordinaire au titre de l’année 2025, le ministre a exposé les enjeux, avancées et défis qui structurent aujourd’hui la politique sécuritaire du Bénin.
Dès son introduction, Alassane Seïdou a exprimé sa gratitude pour cette opportunité de dialogue institutionnel que lui offre le conseil économique et social : « Cette tribune permet de donner de la visibilité à ce que nous faisons » Il a aussi salué la dynamique en cours au CES depuis l’installation de la 7ème mandature.
Au cours de sa présentation, le ministre a rappelé la situation préoccupante qui prévalait avant l’avènement de l’actuelle gouvernance, marquée par la vulnérabilité des frontières et l’intensification des risques dans l’espace régional. Le gouvernement, va-t-il rassurer, a alors engagé des efforts massifs pour pallier le problème. Il s’agit du recrutement de personnels, de la formation continue, de la modernisation de l’équipement et de l’amélioration globale du maillage opérationnel. Ces avancées se traduisent, entre autres, par la sécurisation progressive des corridors et une résistance renforcée face aux menaces asymétriques.
A la fin, les échanges avec les Conseillers ont été jugés « très fructueux » par le ministre, qui a insisté sur la nécessité d’un partenariat étroit avec le CES pour renforcer la veille citoyenne et institutionnelle : « Nous avons besoin de la contribution du CES. Ce que vous faites doit aussi servir la sécurité de notre pays. Ensemble, nous améliorerons encore nos résultats sur le terrain », a-t-il déclaré.
Sur le terrain, les populations constatent progressivement les effets de ces mesures. Le témoignage du Conseiller Séro Zorobouragui, coordonnateur du CES dans l’Alibori, en témoigne : « Je suis de Banikoira, une zone longtemps exposée. Aujourd’hui, un calme s’est installé grâce aux efforts du gouvernement. Nous appelons les populations à participer à la coproduction de la sécurité, car les forces de défense sont là pour nous protéger ».
Même constat dans l’Atacora, région également confronté aux pressions provenant des frontières. Pour Gilbert Bagana, coordonnateur du CES dans ce département : « Depuis un certain moment, le calme revient. Nous remercions le Président de la République pour les dispositions prises. Le CES est un pont entre les institutions et les populations, et nous allons contribuer à renforcer la coopération entre citoyens et forces de sécurité ».
Dans le Couffo, bien que moins exposé aux violences transfrontalières, la vigilance reste de mise. Le Général Célestin Ameyi Guidimey, coordonnateur départemental du CES du Couffo, souligne la maîtrise actuelle du dispositif : « Globalement, la situation sécuritaire au Bénin est sous contrôle, même si des menaces persistent au nord. La coordination des services, les dispositifs de lutte contre le terrorisme et le renforcement des capacités de la police républicaine portent leurs fruits ».
Au terme des échanges, une conviction se dégage : la sécurité, bien commun fragile, ne peut être assurée durablement sans l’implication de tous (gouvernants, institutions et citoyens). Le ministre l’a rappelé avec force : « C’est un problème qui n’a pas fini de faire le tour. Nous continuons. Et nous continuerons à obtenir des résultats pour décevoir ceux qui veulent troubler la quiétude de nos populations. »
Cette séance aura permis de mieux informer les conseillers sur les avancées en cours et d’encourager la collaboration de proximité avec les communautés, notamment dans les zones sensibles. Dans un contexte où les défis demeurent mouvants, le dialogue entre le ministère de l’Intérieur et le CES constitue un levier de stabilité.









