Le ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance Locale était face aux membres du Conseil Economique et Social (CES), vendredi 5 décembre 2025, pour les informer sur les défis et perspectives liés aux conflits agropastoraux au Bénin. L’institution s’est autosaisie de cette problématique afin de proposer au gouvernement et à l’Assemblée nationale des pistes de solutions.
La question des conflits agropastoraux préoccupe particulièrement le CES. Dans le cadre de l’examen du thème « La gouvernance territoriale des conflits agropastoraux au Bénin : enjeux et perspectives », plusieurs acteurs et personnes ressources ont présenté aux Conseillers la situation ainsi que les mesures de lutte mises en œuvre.
Le vendredi 5 décembre, c’était au tour du ministre Raphaël Akotègnon d’éclairer les Conseillers sur ce sujet. Dans son exposé, le ministre a rappelé le cadre réglementaire, fourni des statistiques sur l’évolution de ces conflits, et expliqué le mode de gestion existant, notamment le rôle des comités multi-acteurs de concertation pour la cohésion sociale. « La gestion durable des ressources pastorales, l’aménagement des couloirs de transhumance et la sécurisation des aires de pâturage représentent des défis majeurs qui permettront, à terme, de réduire les conflits agropastoraux. Les comités multi-acteurs sont un maillon essentiel de la gouvernance locale et de la prévention des crises, contribuant ainsi à la cohésion sociale au Bénin. Leur efficacité repose sur la collaboration de tous les acteurs. Il est donc urgent de trouver les moyens pour que les éleveurs puissent satisfaire les besoins de leurs animaux en toute saison. Cela nécessite également d’améliorer les pratiques d’élevage et de mieux encadrer la mobilité du bétail », a conclu le ministre.
Pour le président du Conseil Economique et Social, Conrad Gbaguidi, la présentation du ministre a été de grande qualité. Il a salué la richesse de ses analyses, qui apportent un éclairage précieux sur les enjeux de la gouvernance territoriale des conflits agropastoraux. « Les éléments présentés renforcent notre compréhension des dynamiques institutionnelles, des défis opérationnels et des efforts du gouvernement sur le terrain. Ils constituent une base solide pour nourrir nos réflexions et orienter nos travaux afin de formuler des recommandations constructives, réalistes et adaptées aux réalités locales », a-t-il affirmé.
L’action du CES se fonde sur la loi organique n° 2024-26 du 17 juillet 2024, qui lui permet de se saisir de questions économiques et sociales d’intérêt général afin d’alerter le gouvernement et l’Assemblée nationale sur les réformes pertinentes. C’est dans cette optique que l’institution a choisi le thème « La gouvernance territoriale des conflits agropastoraux au Bénin : enjeux et perspectives ». « La fréquence, l’intensité et la diversité des conflits agropastoraux observés ces dernières années interpellent l’ensemble des acteurs, et tout particulièrement le CES. La récurrence de ces conflits, ainsi que les dégâts humains et matériels qu’ils entraînent, constituent non seulement un défi pour la cohésion sociale mais également pour la sécurité des citoyens, le développement local et la durabilité économique de nos territoires », rappelle Conrad Gbaguidi.
C’est pourquoi le CES a souhaité mieux comprendre les mécanismes institutionnels existants, les statistiques récentes et les modes de gestion opérationnels déployés sur le terrain afin de mieux contenir ces conflits. Pour le président, cet éclairage technique et institutionnel est essentiel pour nourrir les réflexions du Ces et permettre à l’institution de formuler des recommandations pertinentes, pragmatiques et adaptées aux réalités du terrain.






