Le rideau est tombé sur la session inaugurale du Forum National du Conseil Économique et Social (FonaCes) ce jeudi 26 février 2026, au Novotel Hôtel de Cotonou. Durant deux journées d'échanges intensifs, une participation diversifiée comprenant des conseillers nationaux et départementaux, des partenaires sociaux, des experts divers et des personnalites institutionnelles, s'est penchée sur une thématique centrale : « le panier citoyen et le bien-être ». Sous l'égide de Conrad Gbaguidi, la clôture des travaux a servi de tribune pour tracer les nouveaux axes stratégiques nés de ces concertations.
Un succès populaire pour une vision renouvelée
Cette première édition du FonaCes a marqué les esprits par son ampleur, rassemblant une communauté virtuelle de plus de 3 000 citoyens et un auditoire physique de 250 délégués. L'enjeu de ces 48 heures de réflexion était clair : créer une passerelle tangible entre les indicateurs de croissance macroéconomique et la réalité concrète du pouvoir d'achat des ménages.
Dans son allocution finale, faisant suite à une série de panels de haut niveau, le Président du Conseil Économique et Social (CES) s'est félicité de la vitalité de cette mobilisation. Pour lui, l'engouement suscité valide la pertinence de la démarche. « Nous avons fait le choix de la transparence et vous avez répondu par une implication exemplaire », a souligné Conrad Gbaguidi.
L'un des acquis majeurs de ce symposium réside dans la définition multidimensionnelle du « panier citoyen ». Ce nouvel indicateur ne se limite plus aux simples besoins physiologiques comme l'alimentation, l'habitat ou les soins médicaux ; il intègre désormais l'accès au numérique, les loisirs et les temps de repos. Conrad Gbaguidi conçoit cet outil comme une véritable boussole destinée à orienter l'action publique, offrant un cadre d'analyse rigoureux pour une gouvernance sociale.
Productivité et patriotisme économique : les piliers de la résilience
La problématique du coût de la vie a été disséquée à travers le prisme de la performance productive. S'appuyant sur la conférence inaugurale de Lionel Zinsou, le forum a conclu que l'augmentation de la production nationale reste le principal rempart contre l'inflation. Le Président du Ces a clarifié la relation entre producteurs et consommateurs en expliquant que baisser les prix ne doit pas conduire à l'appauvrissement des créateurs de richesse locaux. Selon ses termes, permettre aux producteurs de produire davantage et de gagner plus tout en baissant le prix pour le consommateur serait le véritable levier à actionner.
Les engagements pris à l'issue de la rencontre visent une transformation structurelle de l'économie locale par le patriotisme économique. Les recommandations incluent l'instauration de quotas de produits béninois dans les commandes publiques, notamment pour les cantines scolaires et les hôpitaux. Le forum suggère également des exonérations fiscales sur les primes de transport et de santé des travailleurs pour renforcer le bien-être au travail. Sur le plan de la protection sociale, le forum a mis en exergue l'importance d'inclure le secteur informel, qui représente une part prépondérante de la population active. La sensibilisation en langues nationales et la création de produits d'assurance adaptés ont été retenues comme des priorités pour garantir la dignité de chaque citoyen.
Une feuille de route pour l'avenir
Conrad Gbaguidi a été formel : les recommandations issues du FonaCes 2026 ne resteront pas de simples vœux pieux. Les conclusions seront consignées dans un Livre Blanc qui sera officiellement remis au Président de la République ainsi qu'à l’Assemblée nationale.
« Je prends l'engagement solennel que le Livre Blanc issu de nos travaux sera transmis avec la plus grande diligence. Nous veillerons au mécanisme de suivi conjoint pour que ces recommandations audacieuses se transforment en actions concrètes », a-t-il promis.
Afin de pérenniser ce dialogue, l'institution a annoncé le lancement des « Cafés du CES », des rendez-vous bimestriels qui permettront de rester à l'écoute constante des fluctuations du climat social. En concluant sur l'idée qu'une nation souveraine est celle qui anticipe son destin plutôt que de subir les aléas du présent, le président a émis le souhait de transformer ce forum en un rendez-vous annuel.

