Le Palais de la Marina a été le théâtre, le mercredi 4 mars 2026, d'un acte fort de la vie institutionnelle béninoise. Le Président du Conseil Économique et Social (CES), Conrad Gbaguidi, a officiellement remis au Président Patrice Talon le rapport d’activités et les avis de la mandature transitoire installée un an plus tôt.
Cette cérémonie, qui s'est déroulée devant les présidents des institutions de la République et les membres du gouvernement, marque l'aboutissement de douze mois de réformes intenses visant à faire du CES le « trait d’union entre les aspirations du peuple béninois et l’action publique ».
Une institution « révélée » par la réforme
Dans un discours empreint de gratitude, Conrad Gbaguidi a salué la pertinence de la loi organique n°2024-26 du 17 juillet 2024, qu'il qualifie de « réforme structurante de notre architecture institutionnelle ». Selon lui, cette modernisation repose sur trois piliers majeurs : l’ancrage territorial via les douze CES départementaux, l’institutionnalisation de la veille sociale et la pédagogie de la loi.
« Pendant dix ans, et comme vous l'aviez prédit avec tant de conviction, vous avez véritablement Révélé le Bénin. Notre institution n'a pas échappé à cette formidable dynamique de renaissance », a déclaré le Président du CES à l'endroit du Chef de l'État.
Neuf chantiers prioritaires pour le quotidien des Béninois
Le rapport présenté ne se contente pas d'un bilan administratif ; il propose des solutions concrètes articulées autour de neuf sujets d’autosaisine. Conrad Gbaguidi a notamment mis en avant :
- Le « Panier Citoyen » : Une stratégie innovante reposant sur la productivité nationale, la consommation responsable et la valorisation des circuits courts.
- La Sécurité et le Terrorisme : Le CES prône une approche de « l'Armée-Nation » où la stabilité repose sur le soutien socio-économique des jeunes exposés et l'accélération des services de base dans les zones sensibles.
- L'Économie Sociale et Solidaire (ESS) : Constatant que le secteur est encore insuffisamment structuré, le Conseil recommande l'adoption d'un cadre législatif dédié et la création d'un fonds d’investissement spécifique.
- Les conflits agropastoraux : L'institution appelle à une sécurisation modernisée des couloirs de transhumance et s'engage à mener une mission nationale d'imprégnation du Code pastoral.
- Santé publique : Face à la prolifération de l'alcool frelaté, le CES demande un renforcement urgent du cadre juridique pour protéger le « capital humain » du pays.
Une boussole pour l'avenir
Le Président du CES a également souligné l'importance des partenaires techniques et financiers, suggérant d'aligner davantage leurs appuis sur la Vision Alafia 2060 pour maximiser l'impact territorial.
En recevant ce rapport, le Président Patrice Talon a exprimé sa satisfaction, tout en exhortant les conseillers à maintenir cette rigueur pour que le CES demeure un instrument stratégique de cohésion et de stabilité. « Je prends acte du rapport qui vient de mettre remis, je voudrais vous assurer que vos recommandations seront mises en œuvre d’une manière ou d’une autre. Je suis heureux du chemin parcouru en si peu de temps, douze mois. Je vous ai vu actif sur le terrain. Je vous ai vu vous approprier des nouvelles missions du CES et j’ai pu apprécier à mon niveau l’engagement qui a été le vôtre au service de notre Nation, je voudrais vous rassurer de ce que le Bénin entier, les institutions, le gouvernement mesurent bien combien nous avons eu raison de réformer le CES et de ce que votre parcours sur les douze mois donnera au CES une vie éternelle. Je veux aussi espérer que ce n’est pas l’élan que provoque souvent l’euphorie d’une nouvelle dynamique et que cela ne va s’estomper dans le temps ; au contraire… », a dit le Président de la République.
Pour Conrad Gbaguidi, si le chemin parcouru est honorable, l'institution reste « résolument tournée vers l'avenir » pour un Bénin toujours plus juste et solidaire.








