Le Conseil économique et social (CES) a officiellement lancé, le jeudi 25 juin 2026 dans le département du Littoral, la première étape d'une nouvelle mission nationale de sensibilisation consacrée à la vulgarisation des textes législatifs et réglementaires relatifs à la lutte contre la pollution par les sachets plastiques, les nuisances sonores et à la promotion de l'hygiène publique en République du Bénin.

Cette campagne, qui sera progressivement déployée sur l'ensemble du territoire national, vise à rapprocher la loi du citoyen afin de favoriser une meilleure connaissance des textes et leur appropriation par les populations.

Pour cette première étape, le président du CES, Conrad Gbaguidi, a réuni à la mairie de Cotonou un large éventail d'acteurs concernés par ces problématiques : le maire et les élus locaux, les promoteurs de bars, maquis et discothèques, les commerçants et associations de marchés, les associations de consommateurs, les responsables de pharmacies, les coopératives de femmes, les artistes et acteurs culturels, les associations de développement ainsi que les têtes couronnées.

Etaient également présents les coordonnateurs départementaux du CES, appelés à assurer la poursuite de la vulgarisation dans chacune des communes de leurs départements respectifs, ainsi que plusieurs conseillers départementaux et conseillers nationaux.

Dans son mot de bienvenue, le maire de Cotonou, Luc Gnacadja, a salué cette initiative du Conseil économique et social qui contribue à renforcer la sensibilisation des populations sur des questions touchant directement leur cadre de vie.

Prenant la parole, le président du CES a rappelé la responsabilité de l'institution dans le rapprochement entre les textes de loi et les citoyens. « Le rôle du Conseil économique et social ne se limite pas à formuler des avis techniques ou à adopter des rapports au sommet de l'Etat. Notre responsabilité constitutionnelle est d'être le trait d'union entre la loi et le citoyen. Une loi votée ou un décret signé ne prennent véritablement vie que lorsque les populations s'en approprient le contenu et en comprennent les bénéfices. C'est pourquoi nous venons à vous, citoyens de Cotonou, vitrine de notre pays, pour ouvrir le débat sur trois piliers fondamentaux de notre ordre public : la salubrité, l'hygiène et la tranquillité. »

Les experts mobilisés pour cette campagne ont ensuite présenté les trois principaux textes faisant l'objet de cette opération de vulgarisation. Il s’agit de la loi n° 2017-39 du 26 décembre 2017 portant interdiction des sachets en plastique non biodégradables ; la loi n° 2022-04 du 16 février 2022 relative à l'hygiène publique en République du Bénin  et le décret n° 2022-301 du 25 mai 2022 portant réglementation du bruit.

A tour de rôle, les communicateurs ont expliqué les principales dispositions de ces textes, leurs objectifs ainsi que les obligations qui en découlent pour les citoyens, avant d'ouvrir un riche échange avec les participants.

Le même exercice s'est déroulé le lendemain, vendredi 26 juin 2026 à Pobè, dans le département du Plateau, sous la conduite du premier vice-président du CES, Zazaki Amouda Issifou. « Nous sommes désormais, vous et nous, des vecteurs de communication. Ce que vous avez entendu et retenu aujourd'hui, vous devez le transmettre à vos compatriotes », a-t-il déclaré.

La cérémonie de lancement des échanges a connu la participation du préfet du département du Plateau. Les discussions ont été particulièrement nourries. 

A Pobè, tout comme cela a été le cas à Cotonou, les participants ont soulevé plusieurs préoccupations pratiques concernant l'application des textes. Parmi les interrogations figurent notamment : où se procurer des sachets biodégradables ; comment appliquer les dispositions relatives aux morgues dans les localités qui n'en disposent pas ; où enterrer les animaux domestiques, les enterrements à domicile étant désormais interdits ; quelle conduite adopter lorsque l'urbanisation réduit la distance réglementaire de 200 mètres prévue par la loi ; quelles sont les responsabilités des vendeurs ambulants utilisant des haut-parleurs, ainsi que celles des artistes et organisateurs de spectacles en matière de nuisances sonores.

Après les départements du Littoral et du Plateau, cette tournée nationale se poursuivra dans l'Ouémé et l'Atlantique avant de s'étendre progressivement aux autres départements du pays.Pour le président du CES, cette campagne privilégie avant tout la pédagogie et la responsabilisation citoyenne. « L'objectif de cette démarche n'est pas de brandir la menace des sanctions, mais d'éveiller les consciences. Nous voulons faire de chaque chef de quartier, de chaque leader religieux, de chaque artisan, de chaque commerçant et de chaque conducteur de notre ville un ambassadeur du changement de comportement. »

A travers cette tournée nationale, le Conseil économique et social entend ainsi promouvoir une meilleure appropriation des lois par les populations et encourager l'adoption de comportements citoyens favorables à la protection de l'environnement, à la préservation de la santé publique et à l'amélioration durable du cadre de vie des Béninois.

 

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