Le Conseil Economique et Social a officiellement clôturé, jeudi 25 juin 2026 à son siège, les travaux de sa troisième session extraordinaire de l’année. Cette session revêt un caractère particulier, puisqu’elle constitue la toute dernière au titre de la septième mandature de l’institution, qui arrive terme dans moins d’un mois conformément aux dispositions de la loi organique qui régit le CES.

Un bilan satisfaisant

Dans son discours de clôture, le président du Conseil économique et social, Conrad Gbaguidi, a dressé un bilan qu’il juge largement satisfaisant depuis l’installation des conseillers, le 24 février 2025. Revenant sur les réformes institutionnelles qui ont redéfini les missions du CES, il a estimé que l’institution est désormais un acteur crédible et incontournable du paysage institutionnel béninois.

« Nous laissons aujourd’hui un CES qui compte véritablement dans le paysage institutionnel de notre pays », a-t-il déclaré, saluant les efforts collectifs qui ont permis de transformer une institution autrefois menacée de disparition en un organe désormais « visible, impactant et performant ».

Quinze jours de travaux intensifs

Au cours de quinze jours de travaux, les conseillers ont examiné plusieurs dossiers majeurs relevant de leurs missions constitutionnelles. Ils se sont notamment penchés sur le projet de loi de finances rectificative pour la gestion 2026 et ont adopté plusieurs rapports assortis de recommandations sur des questions stratégiques pour le développement national.

Les réflexions ont porté sur la mobilité durable, la promotion des langues nationales dans la construction de la Nation béninoise, la lutte contre la pollution liée aux sachets plastiques non biodégradables ainsi que le développement du tourisme domestique comme levier de valorisation du patrimoine national.

Une institution tournée vers l’innovation

Cette session a également été marquée par l’organisation du tout premier café scientifique du CES, concrétisant un engagement pris lors du Forum National du CES (FoNaCES) tenu en février 2026. Les conseillers ont, par ailleurs, effectué une visite de terrain sur le site d’Africa Logistics Zone, présenté comme un projet stratégique pour le développement de la zone portuaire et la croissance économique du Bénin.

Pour Conrad Gbaguidi, ces initiatives illustrent la volonté constante du Conseil d’allier réflexion, expertise et observation de terrain afin de formuler des recommandations pertinentes à l’endroit des pouvoirs publics.

Une mandature mobilisée jusqu’à son terme

Malgré l’approche de la fin de leur mandat, les conseillers entendent poursuivre leurs activités jusqu’au dernier jour de leur mission. Le président a annoncé la poursuite des actions de vulgarisation de textes législatifs majeurs, notamment la loi portant interdiction des sachets plastiques non biodégradables et celle relative à l’hygiène publique.

Cohésion sociale : le Haut-Commissaire présente les avancées des projets dans le Nord

La dernière journée de session a été marquée par une communication du Haut-Commissaire à la Sédentarisation des Eleveurs, Mama Sambo, consacrée à l’état d’avancement du Projet de Cohésion Sociale des régions nord du golfe de Guinée (COSO) et du Programme d’appui aux initiatives dans le secteur de l’élevage et à la cohésion sociale.

Devant les conseillers, il a présenté les progrès enregistrés grâce à ces deux programmes, financés respectivement par la Banque mondiale et la coopération suisse. Les interventions couvrent actuellement les quatre départements du Nord du Bénin et reposent sur une approche participative fondée sur le développement conduit par les communautés.

Selon lui, cette démarche permet aux populations d’identifier elles-mêmes leurs besoins prioritaires et de participer activement à la réalisation des infrastructures et investissements nécessaires à leur développement.

Répondant aux préoccupations des conseillers relatifs à la couverture territoriale des interventions, le Haut-Commissaire a expliqué que les premières actions ont été concentrées dans les zones les plus exposées aux défis sécuritaires et climatiques. Il a toutefois annoncé une extension progressive des programmes vers les départements des Collines, du Zou, puis vers le Sud du pays.

Evoquant la persistance de certains conflits entre agriculteurs et éleveurs, Mama Sambo a insisté sur la nécessité d’une forte volonté politique au niveau local, du renforcement des investissements dans les infrastructures agropastorales et du rétablissement de la confiance entre les différentes communautés. 

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