Du mardi 7 au jeudi 9 juillet 2026 à Dakar, le Président du Conseil Économique et Social du Bénin, M. Conrad Gbaguidi, a pris part à la deuxième édition du Forum africain de l'Économie Sociale et Solidaire (Fora'ESS). Trois ans après l'édition inaugurale de Yaoundé, ce rendez-vous continental a réuni près de 2 500 participants venus de plus de 33 pays africains, dont une dizaine de ministres, pour transformer la vision politique de l'ESS en actions concrètes. Le Bénin y a défendu une vision claire : les acteurs de l'ESS ne sont pas des acteurs à assister, ce sont des acteurs à structurer.

Dakar 2026 : une étape décisive dans la consolidation de l'ESS en Afrique

Arrivé dans la capitale sénégalaise dans la soirée du lundi 6 juillet, le Président du CES du Bénin a pris part à la cérémonie d'ouverture aux côtés de M. Eustache Kotingan, Président du Conseil National du Patronat du Bénin et Conseiller national au CES. La cérémonie s'est tenue en présence du Premier Ministre du Sénégal, M. Ahmadou Al Aminou Lô, qui a donné le ton d'une édition placée sous le signe de l'action.

En effet, ce forum s'inscrit dans un double contexte historique : l'adoption par l'Union Africaine de la Stratégie décennale de l'économie sociale et solidaire (2023-2032), et l'adoption par les Nations Unies d'une résolution historique sur l'ESS en 2023. Deux jalons majeurs qui offrent enfin à ce secteur, longtemps informel, souvent invisible dans les statistiques, la reconnaissance politique qui lui manquait.

Pour le Premier Ministre sénégalais, l'enjeu du forum est clair : passer de la vision à la mise en œuvre. « Nous devons poser les jalons indispensables pour transformer nos défis en opportunités », a-t-il déclaré, appelant les États africains à mettre en place des cadres juridiques harmonisés, des politiques publiques adaptées, des mécanismes de financement dédiés et des outils statistiques permettant de mesurer le poids réel de l'ESS dans les économies nationales.

La présence du Bénin à Dakar n'est ni fortuite ni protocolaire. Elle s'inscrit dans une logique de continuité et d'engagement. « Notre présence ici prolonge un travail de fond que le Conseil Économique et Social du Bénin mène depuis plusieurs années aux côtés du Groupe ESS du Bénin. Nous croyons profondément que l'économie sociale et solidaire n'est pas un supplément d'âme des politiques économiques : c'est une composante à part entière de notre modèle de développement, capable de créer des emplois, de générer de la richesse partagée et d'ancrer la croissance dans les territoires », a expliqué le Président Gbaguidi.

Il faut rappeler que sous son leadership, le CES a en effet accompagné le Groupe ESS du Bénin dans la structuration d'un document de plaidoyer pour l'adoption d'une loi spécifique sur l'ESS. Ce document a été officiellement remis au Président de l'Assemblée nationale, et une recommandation spécifique a été adressée au Président de la République. Un jalon institutionnel qui positionne le Bénin comme l'un des pays de la sous-région ayant traduit le plus concrètement la reconnaissance politique de l'ESS.

Le Bénin défend une thèse forte : les acteurs de l'ESS ne sont pas des pauvres

C'est cette conviction que le Président Gbaguidi a portée au deuxième jour du forum, lors d'une session plénière de haut niveau consacrée aux « Mécanismes de financement et de soutien aux acteurs ESS suite à la résolution ONU et la stratégie africaine ». 

Dans son intervention, le Président a d'abord rappelé l'état des lieux de la structuration de l'ESS au Bénin. Puis il a partagé deux innovations conceptuelles développées ces derniers mois au CES : le « Panier Citoyen » pensé lors du Forum National du CES (FoNaCES) et le « Portefeuille citoyen», approche mise en avant lors du premier Café Scientifique du CES en juin. Deux concepts qui repensent en profondeur le rapport entre les citoyens, les acteurs de l'ESS et le financement de l'économie.

Dans une démonstration soutenue et argumentée, Conrad Gbaguidi a défendu une thèse qui a marqué la session : les acteurs de l'ESS ne sont pas des pauvres. Ils disposent au contraire d'une capacité réelle et souvent sous-estimée à mobiliser des ressources importantes pour financer l'économie. Ce changement de regard n'est pas cosmétique. Il conditionne toute la conception des politiques publiques à venir : parle-t-on d'assistance à des acteurs vulnérables, ou de reconnaissance d'un pilier économique à part entière ?

Le Président du CES a également pris part activement aux réunions ministérielles et aux rencontres d'acteurs qui ont ponctué les trois jours. Il a soutenu la perspective de mise en place d'un Observatoire africain de l'économie sociale et solidaire, outil essentiel pour produire enfin les données qui manquent aujourd'hui, et a contribué à la réunion des ministres en charge de l'ESS dans la perspective de la mise en place d'un cadre consultatif inter-ministériel.

Album photos

Restez informés

Inscrivez-vous à la newsletter
du Conseil Economique et Social