Le Conseil Economique et Social (CES) du Bénin a ouvert un nouveau chapitre de son histoire ce mercredi 22 juillet 2026. A l'issue de la cérémonie solennelle d'installation de la huitième mandature, présidée par le Chef de l'Etat, Romuald Wadagni, les conseillers nationaux ont porté à l'unanimité Abdoulaye Bio Tchané à la présidence de l'institution pour un mandat de cinq ans.
Désormais à la tête du CES, Abdoulaye Bio Tchané a exprimé sa profonde reconnaissance au président de la République pour la confiance placée en lui. Il a également salué l'appui de son prédécesseur, Patrice Talon, ainsi que celui du président de l'Assemblée nationale, le professeur Joseph Djogbénou.
« Ce que nous avons semé ne nous appartient plus »
En cédant les rênes de l'institution, Conrad Gbaguidi, qui devient premier vice-président du CES et Médiateur de la République, est revenu sur les dix-sept mois de la mandature transitoire. Il a estimé que cette période a permis de renforcer la démocratie consultative et de faire entendre davantage la voix des citoyens.
« Ce que nous avons semé ne nous appartient plus. Cela appartient désormais à l'Institution et, à travers elle, au peuple béninois », a-t-il déclaré.
Rendant hommage au nouveau président du CES, Conrad Gbaguidi a mis en avant un parcours qu'il a qualifié d'exceptionnel. Il a rappelé qu'Abdoulaye Bio Tchané a notamment occupé les fonctions de ministre des Finances, de directeur du département Afrique du FMI, de président de la Banque ouest-africaine de développement et qu'il a largement contribué aux grandes réformes de transformation du Bénin.
Selon lui, cette riche expérience, acquise aussi bien au niveau national qu'international, apportera au CES une expertise précieuse, un regard éclairé sur les grands enjeux de développement et une capacité accrue à orienter les réflexions de l'institution.
Conrad Gbaguidi cumule désormais les fonctions de premier vice-président et de Médiateur de la République
Avec l'entrée en vigueur du nouveau cadre légal, la fonction de premier vice-président du Conseil économique et social est désormais associée à celle de Médiateur de la République. Conrad Gbaguidi hérite ainsi de cette double responsabilité.
A ce titre, il aura pour mission de faciliter le dialogue entre les citoyens et l'administration, en intervenant dans le règlement des différends opposant les administrés aux services publics. Cette réforme, qui fusionne les deux fonctions, rapproche davantage le CES du dispositif de médiation administrative et élargit les prérogatives de l'institution dans la régulation des relations entre l'Etat et les citoyens.
Pascal Essou nommé deuxième vice-président
Autre figure majeure de cette nouvelle équipe dirigeante, Pascal Essou, ancien Médiateur de la République, est désigné deuxième vice-président du CES. La disparition de son ancienne institution, intégrée au Conseil économique et social à travers la réforme, permet de mettre son expertise au service de la nouvelle architecture institutionnelle.
Son expérience dans la médiation, la gestion des conflits et le dialogue institutionnel constitue un atout important pour accompagner le renforcement des nouvelles missions confiées au CES.
Une feuille de route bâtie autour de quatre priorités
Dans son discours, Abdoulaye Bio Tchané a présenté les grandes orientations de son mandat, organisées autour de quatre axes majeurs : renforcer l'utilité du CES, rapprocher davantage l'institution des citoyens, consolider le dialogue avec les autres institutions de la République et renforcer son ouverture sur la scène internationale.
Il a indiqué que le Conseil devra s'investir pleinement sur les principaux défis auxquels le Bénin est confronté, notamment la protection de l'environnement, l'insertion des jeunes, la promotion de l'emploi, la souveraineté alimentaire, la sécurité, la défense du territoire et l'inclusion sociale.
Le nouveau président a également réaffirmé son engagement en faveur d'une gouvernance collégiale, fondée sur la complémentarité entre l'expérience des anciens membres et le dynamisme des nouveaux conseillers.
Le dialogue social au cœur des ambitions du nouveau CES
La réforme introduite par la loi organique de 2024 attribue désormais au Conseil économique et social la mission de faire remonter les préoccupations des populations vers les institutions de la République et contribuer à une meilleure compréhension ainsi qu'à une appropriation plus large des lois par les citoyens.
Fort de son expérience à la tête de la Commission nationale de concertation, de consultation et de négociation collective, Abdoulaye Bio Tchané a assuré que le dialogue social constituera l'un des principaux leviers de son action durant cette nouvelle mandature.










