Le Conseil économique et social (CES) a lancé, ce jeudi 20 août 2026, à l’hôtel Novotel de Cotonou, le processus d’élaboration de son Plan stratégique 2027-2031. Cette démarche, la première du genre depuis plus de 30 ans d’existence de l’institution, intervient dans un contexte de réformes visant à renforcer son utilité, son ancrage territorial et son rôle dans le dialogue économique et social.
La cérémonie a duré une quarantaine de minutes, et a été marquée par trois allocutions : celle du rapporteur du comité d’orientation, Célestin GUIDIMEY, celle du ministre de l’Économie et de la Planification, Aristide MEDENOU, et enfin celle du Président du CES, Abdoulaye BIO TCHANE. Cette dernière a consacré le lancement officiel du processus d’élaboration du Plan stratégique 2027-2031 de l’institution.
Dans son mot de bienvenue, Célestin GUIDIMEY a situé la démarche dans un « tournant décisif » de la vie du CES. Les réformes de la loi organique ont en effet fait évoluer l’architecture et les missions de l’institution, avec notamment le renforcement de son ancrage territorial. Cette nouvelle configuration appelle la définition d’un cadre stratégique permettant au CES de mieux répondre à ses nouvelles responsabilités.
Il a rappelé les quatre piliers de la vision portée par le président Abdoulaye BIO TCHANE : accroître l’utilité du CES, consolider sa proximité citoyenne, dynamiser le dialogue institutionnel et renforcer son rayonnement international. Le futur Plan stratégique devra traduire ces ambitions en orientations et actions concrètes, à partir d’un diagnostic de l’institution et de la définition de priorités, de programmes opérationnels et de mécanismes de suivi-évaluation.
Les priorités du Gouvernement
Prenant part au lancement, le ministre de l’Economie et de la Planification, Aristide MEDENOU, a salué l’initiative du CES : « En tant que ministre en charge de la Planification, vous comprenez le plaisir que j’ai à participer à ce lancement. Je salue fortement l’initiative du CES de ce côté, une stratégie qui va constituer une boussole, une feuille de route pour l’atteinte de ses objectifs », a-t-il déclaré. Ensuite, le Ministre Aristide MEDENOU a abordé trois priorités majeures qui, espère-t-il, « vont transparaître dans le document qui sera élaboré » : l’éradication de l’extrême pauvreté, avec un accent sur l’agriculture et la protection sociale des producteurs ; la territorialisation de l’action publique, à travers le développement des pôles industriels et d’innovation et la valorisation des potentialités des territoires ; et enfin le digital et l’innovation, désormais considérés comme transversaux à l’action publique, avec notamment la volonté de renforcer l’expertise en intelligence artificielle au sein des administrations.
Abdoulaye BIO TCHANE : « Si vous ne planifiez pas, vous programmez votre échec »
En procédant au lancement officiel du processus d’élaboration du Plan Stratégique de l'institution qu'il dirige depuis le 20 juillet 2026, le président du CES, Abdoulaye BIO TCHANE, est revenu d’abord sur l’histoire et les transformations de l’institution. S’appuyant sur une phrase attribuée à Benjamin Franklin, il a déclaré : « Si vous ne planifiez pas, vous planifiez votre échec, vous programmez même votre échec ». Pour lui, cette formule résume parfaitement la nécessité pour le CES de se doter aujourd’hui d’un véritable cadre stratégique.
Il a rappelé l'histoire du CES, créé il y a plus de 30 ans, et a évoqué les débats de 2016 sur sa suppression potentielle, qui ont finalement mené à la décision de le réformer pour le rendre plus utile à la nation, au gouvernement et à l'Assemblée nationale. « C’est ce contexte de réforme et de refondation qui nous réunit ici ce matin », a souligné le président du CES.
Cette démarche de refondation a abouti aux réformes de la loi organique en 2024 et 2026. Dans ce contexte, a-t-il insisté, la redéfinition des missions de l’institution rend indispensable la création d'un cadre stratégique clair, ambitieux et consensuel, assorti d'un système de suivi et d'évaluation.
Un CES plus utile et plus proche des territoires
Le Plan stratégique 2027-2031 du CES devra notamment contribuer au renforcement de l’ancrage institutionnel du CES et consolider son rôle de facilitateur du dialogue économique et social sur l’ensemble du territoire national.
Le Président du CES a rappelé que la nouvelle configuration de l’institution comprend désormais un Conseil national ainsi que des conseils départementaux dans les douze départements du Bénin. Cette organisation doit permettre de rapprocher davantage l’institution des réalités territoriales et de mieux faire remonter les préoccupations des différentes composantes de la société.
Pour Abdoulaye BIO TCHANE, l’enjeu dépasse cependant le seul fonctionnement interne du CES. « Au-delà de l’institution, l’enjeu est national », a-t-il insisté. Le Bénin doit pouvoir disposer d’un Conseil économique et social « proactif et moderne », capable de contribuer à un dialogue économique et social efficace et apaisé.
Le Ministère de l’Economie et de la Planification associé au processus
Le président du CES a également insisté sur l’implication du ministère de l’Économie et des Finances dans l’élaboration du document. Cette collaboration doit permettre de s’assurer que le futur Plan stratégique respecte les exigences de planification fixées par l’Etat. Abdoulaye BIO TCHANE a expliqué que le CES a fait le choix d’associer ledit département ministériel dès le début du processus afin que le travail réalisé puisse répondre, à terme, aux standards et exigences nationaux en matière de planification.
Le document ne sera par ailleurs pas élaboré « hors sol ». Il devra prendre en compte les grandes orientations nationales déjà définies, notamment la vision nationale de développement, les instruments de planification existants ainsi que les futures orientations du gouvernement. Les priorités annoncées par l’exécutif, notamment l’éradication de l’extrême pauvreté et la territorialisation des politiques économiques, devront également nourrir la réflexion.
Le président du CES n’entend pas laisser cette ambition au stade des déclarations. Abdoulaye BIO TCHANE a appelé les différentes équipes mobilisées autour de l’élaboration du Plan stratégique à faire preuve de rigueur. « Nous attendons de ces équipes un travail de rigueur », a insisté le président du CES.
Il a indiqué que cette exigence doit permettre de répondre aux attentes de l’Etat et de tous ceux qui souhaitent voir l’institution devenir « plus utile » et « plus pertinente », tout en renforçant sa capacité à accompagner l’État dans ses différentes missions.
Pour Abdoulaye BIO TCHANE, le chantier lancé ce jeudi à Cotonou devra ainsi permettre de transformer cette ambition en une feuille de route opérationnelle pour les cinq prochaines années.











