Dans une logique de co-construction, l’Union des Conseils Economiques et Sociaux et Institutions similaires d’Afrique (UCESA) et le Conseil Economique, Social, Environnemental et Culturel (CESEC), de la République de Côte d’Ivoire, ont organisé à Abidjan le vendredi 20 mai un atelier international sur le thème : « Les défis du dérèglement climatique et les réponses à apporter au bénéfice des populations africaines ».
Plusieurs Conseils Economiques et Sociaux d’Afrique ont pris part à cette rencontre d’échanges : le Maroc, le Burkina Faso, la République Centrafricaine, le Togo, la Côte d’Ivoire et le Bénin. La délégation du CES du Bénin a été conduite par son Président, Monsieur Tabé GBIAN.
Trois séquences majeures caractérisent cet atelier international. Il s’agit de la cérémonie d’ouverture, la présentation des communications suivie de débats et la cérémonie de clôture. La cérémonie d’ouverture des travaux est marquée par trois allocutions. Le Président du CESEC de Côte d’Ivoire, Docteur Eugène AKA AOUELE, a souhaité la bienvenue aux participants, reconnu l’engagement du Gouvernement de Côte d’Ivoire qui se bat pour la cause d’atténuation des changements climatiques et placé l’espoir de succès aux initiatives de l’UCESA sur cette thématique.
Le discours du Président de l’UCESA, en même temps Président du CESE du Maroc, a permis de clarifier la position claire et déterminante de l’UCESA à faire entendre et connaître la perception des populations africaines dans les grands fora mondiaux sur le climat. Soutenue financièrement par l’Université Mohamed VI (UM6P), l’UCESA s’est, en effet, engagée dans la plus-value à apporter aux débats lors des COP et autres rencontres internationales. Le Président de l’UCESA a remercié les plus hautes autorités ivoiriennes et africaines qui soutiennent les initiatives des CES-IS dans ce combat d’adaptation et d’atténuation des effets du dérèglement climatique.
Il y a eu ensuite l’allocution du Porte-Parole Adjoint du Gouvernement, Monsieur le Ministre Mamadou TOURE qui a apporté le soutien du Gouvernement de la Côte d’Ivoire à l’UCESA et au CESEC de Côte d’Ivoire dans les efforts qu’ils déploient pour faire face aux effets du dérèglement climatique. Il a enfin exhorté les participants à la formulation des recommandations idoines pour des actions fortes et vigoureuses en vue de soulager les populations victimes des conséquences du climat.
L’atelier s’est déroulé en trois (3) sessions à savoir :
- session 1 : présentation des résultats et engagements du projet sur l’action climatique ;
- session 2 : retour d’expériences de lutte contre le changement climatique aux plans national et continental ;
- session 3 : exposé des principaux axes stratégiques de la seconde phase du projet climatique de l’UCESA, visant la mitigation ou l’atténuation des effets des changements climatiques.
Au cours de la Session 1, les différentes communications ont révélé que les citoyens africains ont une parfaite connaissance de la question du dérèglement climatique dont ils sont les principales victimes sans en être les principaux pollueurs. Ils sont bien imprégnés du sens et de la portée mais ne se sentent pas suffisamment informés sur les enjeux des changements climatiques. Nonobstant cet état de fait, les populations qui demeurent résilientes, sont prêtes à s’engager dans les actions de proximités, pour réussir la transition climatique.
En Session 2, les participants ont été informés que la Côte d’Ivoire est véritablement engagée à accomplir ses efforts pour éviter à notre planète des phénomènes climatiques de plus en plus dévastateurs. Elle soutient l‘initiative africaine sur les énergies renouvelables et affiche sa volonté de tenir ses engagements, relativement à l’accord de Paris. En matière de contribution, la Côte d’Ivoire prévoit une réduction de ses émissions de gaz à effet de serre de 30,41%, et un accroissement de la résilience dans les secteurs qui sont très vulnérables aux changements climatiques. En ce qui concerne l’aspect de l’atténuation et de l’adaptation, plusieurs projets sont prévus qui nécessitent une mobilisation conséquente des finances et le Gouvernement s’y attèle par des actions institutionnelles et réglementaires. Par ailleurs, l’expérience du Sénégal a été évoquée et qui montre l’existence d’une politique nationale climatique assortie d’acquis notamment dans les domaines des énergies renouvelables, de l’efficacité énergétique et d’un groupe thématique sur la finance carbone et climatique. Il est à noter une forte sensibilisation du secteur privé sur la question des changements climatiques.
La session 3 est relative aux principaux axes stratégiques de la seconde phase du projet climatique de l’UCESA, visant la mitigation ou l’atténuation des effets des changements climatiques. A cet égard, il est à retenir que l’UCESA entend mettre en place un partenariat stratégique avec l’Initiative africaine pour la mobilité climatique (ACMI) et le monde académique. L’objectif est de faire progresser un écosystème complet pour exploiter le potentiel de la mobilité climatique.
Le Président Tabé GBIAN qui a conduit la délégation du CES du Bénin, dans sa prise de parole, a félicité et remercié le Président de l’UCESA pour l’initiative et son collègue du CESEC de la Côte d’Ivoire pour l’organisation parfaite et l’accueil fraternel et convivial réservé aux participants. Après avoir rappelé la désignation de deux membres du CES du Bénin qui ont pris part à tous les travaux de cette initiative, il a martelé la totale disponibilité de son institution à continuer sa collaboration et contribution aux prochaines phases du projet. Il a ensuite donné la parole au Conseiller Victor GBEDO, expert environnementaliste, Président de la Commission du Développement Rural et de l’Environnement, l’un des deux membres du Groupe de Travail Climat de l’UCESA de rappeler les prouesses du Bénin en la matière. Ce dernier a insisté sur la nécessité dans les phases prochaines de faire ressortir les savoirs, les usages et pratiques endogènes africains dans la dyade adaptation et atténuation au climat.
Aux termes des travaux, les recommandations ci-après ont été formulées :
- Promouvoir et soutenir des initiatives de la société civile, en mettant un accent sur les supports d’incitation et d’engagement citoyen pour agir pour le climat ;
- Développer des programmes d’action climatique régionaux dans une approche collaborative et coordonnée ;
- Développer des programmes d’adaptation à impacts directs et tangibles pour les populations ;
- Eduquer et mieux informer les populations au changement climatique ;
- Soutenir les politiques publiques en matière climatique par des appuis financiers conséquents et immédiats.
En marge de l’atelier régional, les Présidents des Conseils Economiques et Sociaux et Institutions similaires présents à Abidjan ont été reçu par le Vice-Président de la République de Côte d’Ivoire, Son Excellence Monsieur Tiémoko Meyliet Koné. Ce fut l’occasion pour lui de réaffirmer les engagements pris par l’Etat ivoirien dans la lutte contre le dérèglement climatique.




